Sénégal : un ressortissant français incarcéré pour homosexualité depuis février

Un citoyen français, ingénieur de profession, est privé de liberté au Sénégal depuis son interpellation le 14 février dernier. Résidant à Dakar, cet homme d’une trentaine d’années fait face à des accusations graves dans un contexte de répression accrue contre les minorités sexuelles.

Des manifestants brandissent une pancarte sur laquelle on peut lire « Non à l’homosexualité », lors d’une manifestation à Dakar, au Sénégal, le 23 mai 2025.

Les motifs de sa détention incluent des « actes contre-nature », l’association de malfaiteurs, le blanchiment de capitaux ainsi que la tentative de transmission du VIH. Cette arrestation s’inscrit dans une vague de procédures judiciaires visant des individus soupçonnés d’homosexualité sur le territoire sénégalais.

Un durcissement législatif marqué au Sénégal

Le Sénégal, nation à prédominance musulmane, a récemment franchi une étape supplémentaire dans la pénalisation des relations entre personnes de même sexe. Une nouvelle loi, promulguée le 31 mars par le président Bassirou Diomaye Faye, prévoit désormais des peines de réclusion criminelle allant de cinq à dix ans. Ce renforcement législatif répond à une volonté politique affichée de réprimer ce qui est localement perçu comme une déviance sociale.

L’ambassade de France à Dakar suit avec une attention particulière l’évolution de ce dossier. Les services consulaires ont pu rendre visite au détenu à quatre reprises afin d’assurer sa protection consulaire. En parallèle, une liaison constante est maintenue avec la famille de l’ingénieur par les autorités diplomatiques basées à Paris.

Face à cette situation, la position diplomatique française demeure ferme sur les principes fondamentaux. Elle rappelle son attachement indéfectible à l’universalité des droits de l’homme et poursuit son plaidoyer en faveur de la dépénalisation mondiale de l’homosexualité. La lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre reste une priorité de l’action internationale de la France.