(FILES) Senegal Prime Minister Ousmane Sonko (L) hands over to Senegal President Bassirou Diomaye Faye (R) the official report on the Thiaroye massacre during a ceremony at the Presidential Palace in Dakar, on October 16, 2025. Senegal President Bassirou Diomaye Faye on Friday sacked Prime Minister Ousmane Sonko and dissolved the government after months of tensions, deepening a crisis in the debt-laden west African nation. The shock announcement was made on state television in a decree read out by presidential aide Oumar Samba Ba, who said Faye "has ended the duties of Ousmane Sonko... and consequently those of the ministers and secretaries of state who are members of the government". (Photo by PATRICK MEINHARDT / AFP)

Sénégal : la rupture entre Faye et Sonko bouleverse le paysage politique

La relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, s’est brisée après des mois d’alliance politique. Leur slogan de campagne « Diomaye Moy Sonko » (« Diomaye, c’est Sonko » en wolof), symbole d’une union sans faille, ne reflète plus la réalité. Les tensions, aggravées par les défis économiques et les luttes de pouvoir, ont mis fin à cette collaboration.

Ousmane Sonko, limogé en mai 2025, a repris sa place à l’Assemblée nationale avant d’y être élu président. Ce poste le consacre comme la deuxième figure de l’État, mais aussi comme le principal opposant au chef de l’État. Une position qui pourrait redessiner l’équilibre politique du Sénégal dans les années à venir.

Quand l’alliance se transforme en rivalité

Leur partenariat, né lors de la campagne présidentielle de 2024, avait pour but de chasser l’ancien président Macky Sall du pouvoir. Ensemble, ils incarnaient l’espoir d’un nouveau départ pour le Sénégal. Pourtant, moins d’un an après leur accession au pouvoir, les divergences sont devenues insurmontables.

Les choix politiques de Faye, les tensions internes au gouvernement et la gestion d’une économie fragile ont creusé un fossé entre les deux hommes. Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, représente une menace directe pour l’autorité du chef de l’État. Son influence croissante dans les institutions en fait un adversaire redoutable, voire un futur prétendant à la présidence.

Un pays sous tension entre espoirs et défis

Le Sénégal traverse une période charnière, marquée par des rivalités internes qui fragilisent sa stabilité. La crise économique, exacerbée par des choix politiques contestés, pèse sur la population. Les citoyens, autrefois unis derrière l’espoir d’un changement, voient désormais leurs attentes confrontées à la réalité d’un pays divisé.

Alors que Faye tente de consolider son pouvoir, Sonko se positionne comme le défenseur des revendications populaires. Cette opposition pourrait bien redéfinir les équilibres politiques du pays, dans un contexte où la patience des Sénégalais s’amenuise face aux difficultés économiques.