Le président élu du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué ce mardi 2 juin une visite éclair de quelques heures au Niger, marquant la première étape d’un rapprochement diplomatique depuis l’arrivée du régime militaire à Niamey en juillet 2023. Cette rencontre pourrait bien amorcer un déblocage des relations bilatérales, alors que les tensions entre les deux pays s’étaient fortement exacerbées ces derniers mois.
Dès son arrivée, Romuald Wadagni a été accueilli par le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte nigérienne. Après une halte au Nigeria la veille, son déplacement au Niger s’est concentré sur la relance d’une coopération sécuritaire essentielle, les deux nations étant en première ligne face à la menace jihadiste qui gronde dans la région.
Romuald Wadagni a quitté Niamey en début d’après-midi, direction le Burkina Faso, dans le cadre de cette tournée diplomatique régionale. Une initiative qui s’inscrit dans une stratégie plus large de diplomatie de voisinage, comme l’a souligné la présidence béninoise, « une approche proactive pour renforcer les liens avec les États frontaliers ».
Un dégel amorcé lors de l’investiture de Romuald Wadagni
Les prémices d’un réchauffement des relations entre les deux pays s’étaient déjà dessinées lors de la cérémonie de prise de fonction du président béninois à Cotonou, où le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, avait fait le déplacement. Une présence symbolique qui avait alors suscité l’espoir d’un apaisement.
Des tensions persistantes, mais un dialogue en marche
Les relations entre le Bénin et le Niger avaient atteint un point critique fin janvier, lorsque le général Tiani avait directement pointé du doigt Patrice Talon, prédécesseur et mentor de Romuald Wadagni, l’accusant d’être un « soutien » des groupes jihadistes responsables de l’attaque de l’aéroport de Niamey. Des allégations catégoriquement rejetées par Cotonou, alors que le Bénin fait lui-même face à une recrudescence des violences terroristes dans sa zone septentrionale, frontalière avec le Niger.
Par ailleurs, des rumeurs persistantes ont évoqué un possible rôle du Niger dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, sans que Cotonou n’ait jamais officiellement désigné son voisin. Une situation complexe qui rend cette visite de Romuald Wadagni d’autant plus stratégique.
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