Un appel urgent à l’unité nationale par l’ancien Premier ministre

Lors d’une rencontre marquante au Palais de la République, l’ancien Premier ministre Amadou Ba a plaidé pour un renforcement du dialogue politique et une restoration urgente de la crédibilité financière du Sénégal. Cette audience, organisée dans le cadre du Dialogue national initié par le président Bassirou Diomaye Faye, a rassemblé d’anciens chefs de gouvernement consultés sur les grands défis nationaux.
L’ancien chef du gouvernement a vivement salué cette initiative, la qualifiant d’« importante » pour l’avenir du pays. Il a insisté sur la nécessité de concertations approfondies pour aborder les enjeux cruciaux qui traversent le Sénégal aujourd’hui.
Des échanges constructifs sur les réformes et les défis nationaux
Au cours de cette audience, Amadou Ba a abordé plusieurs dossiers majeurs avec le chef de l’État. Parmi eux, les réformes institutionnelles en cours, la situation politique et les défis économiques et sécuritaires auxquels le pays est confronté. Une attention particulière a été portée aux réformes électorales, pour lesquelles l’ancien Premier ministre a estimé que des discussions supplémentaires étaient nécessaires afin de garantir des consensus plus solides.
Il a ainsi proposé au président Bassirou Diomaye Faye de prolonger les échanges de « dix à quinze jours » pour permettre aux différentes parties prenantes de mieux se concerter. Amadou Ba a souligné avec force : « Le pays a besoin de consensus, le pays a besoin de dialogue », précisant que cette proposition émanait de son intérêt général et non d’une position partisane.
Une économie sénégalaise sous pression
Sur le plan économique, l’ancien ministre des Finances a tiré la sonnette d’alarme face à la conjoncture actuelle et à l’impact du contexte international sur l’économie nationale. Les difficultés économiques actuelles pèsent déjà lourdement sur les populations, a-t-il alerté. Parmi les points soulevés, les relations du Sénégal avec ses partenaires financiers internationaux, notamment le Fonds monétaire international, ont été évoquées. Amadou Ba a rappelé qu’au cours de son mandat, le Sénégal avait connu plusieurs années sans programme de financement avec cette institution. « Moi-même, en tant que ministre des Finances, je suis resté six ans sans recevoir un seul franc du FMI. Le Sénégal est resté douze ans sans décaissement », a-t-il confié au président.
Si cette période n’a pas entamé la crédibilité du pays auprès de ses partenaires, le contexte actuel exige des compromis pour garantir au Sénégal les ressources nécessaires à son financement et à ses investissements. L’ancien Premier ministre a également mis en garde contre les conséquences des dégradations successives des notations financières du Sénégal, qui augmentent le coût des emprunts et réduisent les marges de manœuvre de l’État.
Sécurité et défense : une priorité partagée
Les questions sécuritaires, dans un contexte sous-régional marqué par des tensions persistantes, ont également été au cœur des discussions. Amadou Ba a souligné l’urgence d’un dialogue élargi autour de ces enjeux et d’un soutien accru aux forces de défense et de sécurité pour renforcer la stabilité du pays.
Enfin, l’ancien chef du gouvernement a réaffirmé sa position politique tout en appelant à une approche apaisée sur les questions d’intérêt national. « Je suis dans l’opposition et j’y reste. Mais certaines questions transcendent les clivages politiques. Il faut travailler de manière apaisée dans l’intérêt du pays », a-t-il conclu, réaffirmant son engagement en faveur de la cohésion nationale.
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