Polémique médiatique : quand le journaliste Georges Dougueli répond à Owona Nguini
Dans un échange public récent, le journaliste Georges Dougueli a pris position face aux déclarations d’Owona Nguini, vice-recteur de l’université de Yaoundé II, concernant son travail et ses prises de parole.
Dans une tribune qu’il vient de publier, Georges Dougueli rappelle au vice-recteur de l’université de Yaoundé II, Owona Nguini, que le travail du journaliste repose sur l’analyse et la spéculation éclairée.
Quand la spéculation devient un outil journalistique
Georges Dougueli évoque les propos tenus par Owona Nguini lors d’un passage télévisé, où ce dernier lui reprochait de « spéculer sur la mort du président Biya ». Une accusation qui, selon le journaliste, relève du quotidien de la profession.
Pour lui, la liberté de la presse implique de pouvoir interroger tous les aspects de la vie publique, y compris la santé des dirigeants. Il cite l’exemple des nécrologies rédigées à l’avance pour certaines personnalités, une pratique courante dans le milieu journalistique.
Il rappelle également que les dirigeants politiques, y compris le président Biya, sont habitués à ce type de critiques et que cette « meute » fait partie intégrante du paysage médiatique.
Owona Nguini et le concept des « Ekangs » : une analyse critique
Georges Dougueli décrypte ensuite les propos d’Owona Nguini sur le concept des « Ekangs », qu’il qualifie de dangereux et suprématiste. Il explique que ce concept, inspiré des travaux de l’anthropologue français Laburthe Tolra, a été détourné par Owona Nguini pour justifier une vision politique exclusive.
Selon lui, cette vision a déjà causé des tensions au Gabon, où elle a alimenté des divisions ethniques lors de l’élection présidentielle de 2009. Il met en garde contre les risques de cette rhétorique, qui pourrait créer des conflits au Cameroun.
Il souligne également l’hypocrisie d’Owona Nguini, qui utilise ce concept pour diaboliser ses adversaires politiques, notamment les soutiens de Samuel Eto’o, qu’il qualifie de « fanatiques incultes » et de « meute cybernétique ».
Pour Dougueli, cette rhétorique vise à diviser la société camerounaise en opposant les « cerveaux » aux « mollets », une stratégie qu’il juge dangereuse et antidémocratique.
La politique comme désignation de l’ennemi
Il analyse ensuite la méthode d’Owona Nguini, qu’il compare à celle de Karl Schmitt, un théoricien politique allemand. Pour Dougueli, la politique chez Owona Nguini se réduit à désigner un ennemi : hier les « Ntaalibams », aujourd’hui les « Eglisiens » ou les supporters de Samuel Eto’o.
Il dénonce cette logique de division et met en garde contre les conséquences de ce type de discours, qui pourrait, selon lui, créer de vrais problèmes dans un contexte déjà tendu.
En conclusion, Georges Dougueli invite à analyser les propos d’Owona Nguini avec prudence, notamment en ce qui concerne ses implications politiques, juridiques et sociologiques. Il laisse aux experts le soin d’évaluer la pertinence et la légitimité de ses prises de position.
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