Ouagadougou exhorte l’union africaine à des réformes profondes

une rencontre stratégique entre Ouagadougou et l’union africaine

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a rencontré, ce mercredi 15 juillet, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf. Cette audience s’inscrit dans le cadre d’une tournée de l’UA au Burkina Faso, au Niger et au Mali, trois États membres de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Les discussions ont porté sur l’état des relations entre le Burkina Faso et l’UA, ainsi que sur les liens entre l’organisation continentale et l’AES. Les échanges ont également couvert la situation politique et sécuritaire au Burkina Faso, les dynamiques régionales avec les pays voisins, et le dialogue en cours entre la CEDEAO et l’AES.

les enjeux sécuritaires et politiques au cœur des échanges

Parmi les thèmes abordés figuraient les réformes nécessaires au sein de l’UA pour répondre aux défis actuels. Le président de la Commission de l’UA a souligné que sa visite visait à renforcer la coopération avec le Burkina Faso, en mettant l’accent sur l’intégration et la solidarité régionale. Il a présenté la stratégie de l’UA, construite autour de trois axes : la gouvernance inclusive, la sécurité renforcée et le développement durable.

Ali Youssouf a réaffirmé la volonté de l’UA d’opérationnaliser ses agences spécialisées au Burkina Faso et de lancer des projets concrets pour améliorer le quotidien des populations. Karamoko Jean Marie Traoré, de son côté, a rappelé les origines de l’AES, née d’un manque de solidarité de la part des institutions africaines face à l’insécurité grandissante dans la région.

des réformes urgentes pour une union africaine plus efficace

Le chef de la diplomatie burkinabè a appelé à des réformes objectives et courageuses au sein de l’UA. Il a insisté sur la nécessité d’éviter toute mesure qui pourrait accentuer les frustrations des États membres, contraints d’assurer seuls la sécurité de leurs citoyens. « Il est temps d’agir pour restaurer la confiance et éviter que les États ne se tournent vers des solutions individuelles », a-t-il déclaré.

Traoré a également évoqué la nécessité d’une autonomie financière pour l’UA, condition essentielle pour garantir une prise de décision souveraine. Il a aussi souligné l’importance de la communication stratégique pour valoriser les avancées des États membres et contrer les narratives négatives venues de l’extérieur.

Enfin, il a plaidé pour une diplomatie de proximité et une inclusion accrue des pays africains dans le fonctionnement de l’organisation panafricaine, afin de construire une relation plus équilibrée et efficace.