Nigeria : sept commandants jihadistes arrêtés à l’aéroport après le hajj
Sept chefs présumés des groupes Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont été interpellés au Nigeria dès leur retour du pèlerinage à La Mecque. Les autorités attribuent cette opération à la mise en place d’un système unifié d’identification nationale désormais interconnecté avec les fichiers de l’immigration et les bases de données d’Interpol.
Le Nigeria annonce avoir porté un coup significatif à deux des principales formations jihadistes actives dans la région du lac Tchad. Sept commandants présumés de Boko Haram et de l’ISWAP ont été arrêtés à leur descente d’avion à l’aéroport de Katsina, dans le nord du pays, après avoir accompli le Hajj en Arabie saoudite. Le ministre nigérian de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a révélé vendredi que ces individus ont été repérés grâce à la plateforme nationale intégrée de vérification d’identité, avant d’être remis au Département des services de sécurité de l’État (DSS) pour enquête.
Un système d’identification désormais connecté aux services de sécurité
Le ministre a expliqué que cette opération a été rendue possible par l’interconnexion de la base de données de la Commission nationale de gestion de l’identité (NIMC) avec celle du Service nigérian de l’immigration (NIS), ainsi qu’avec les réseaux internationaux d’Interpol. « Nous avons hérité d’un système de gestion de l’identité fragmenté, dans lequel les différentes bases de données de l’État fonctionnaient de manière indépendante. Aujourd’hui, notre base de données de l’immigration est entièrement intégrée à celle de la NIMC et connectée au réseau de sécurité d’Interpol, accessible 24 heures sur 24. C’est grâce à cette plateforme intégrée que sept commandants connus de Boko Haram et de l’ISWAP, de retour de La Mecque, ont été identifiés jeudi dernier à l’aéroport de Katsina, arrêtés puis remis au DSS », a déclaré Olubunmi Tunji-Ojo.
Cette annonce coïncide avec la promulgation par le président Bola Ahmed Tinubu de la loi de 2026 sur la Commission nationale de gestion de l’identité. La cérémonie s’est tenue à la Villa présidentielle d’Abuja en présence du président du Sénat, Godswill Akpabio, du vice-président de la Chambre des représentants, Benjamin Kalu, du procureur général de la Fédération et ministre de la Justice, Lateef Fagbemi, de la directrice générale de la NIMC, Abisoye Coker-Odusote, ainsi que de plusieurs responsables gouvernementaux. Ce texte vise à harmoniser les systèmes d’identification du pays, à renforcer la fiabilité du Numéro national d’identité (NIN) et à améliorer le partage d’informations entre les administrations et les services de sécurité.
Le gouvernement estime que cette réforme renforcera les capacités du Nigeria dans la lutte contre le terrorisme, la fraude documentaire, la criminalité financière et les réseaux criminels transnationaux. Olubunmi Tunji-Ojo a également indiqué que la délivrance des passeports est désormais soumise à une vérification systématique des informations figurant dans la base de données de la NIMC. Selon lui, l’interconnexion des différents fichiers administratifs offre désormais aux services de sécurité un dispositif unifié permettant d’identifier et de suivre les personnes considérées comme présentant un risque élevé lors de leurs déplacements et de leurs démarches administratives.
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