Niger : un militant emprisonné pour ses critiques envers la junte militaire

Un activiste de la société civile placé en détention à Niamey

Nassirou Bodo a été écroué à la prison de Niamey après sa comparution devant le parquet, selon les informations communiquées en soirée. Son arrestation survient après une garde à vue prolongée dans les locaux policiers de la capitale nigérienne.

Les motifs de son incarcération restent flous

Kaka Touda, une personnalité influente de la société civile nigérienne, a confirmé sur les réseaux sociaux la détention de l’activiste. Aucune précision n’a été donnée quant aux raisons exactes de son placement en détention, si ce n’est qu’elle fait suite à une enquête préliminaire ouverte par les autorités.

Une procédure judiciaire engagée pour trouble à l’ordre public

Les médias locaux ont révélé jeudi que Nassirou Bodo était poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ». Cette qualification juridique intervient après des déclarations publiques de l’intéressé appelant à des actions de contestation.

L’appel à la résistance, point de départ de la procédure

Quelques jours plus tôt, Nassirou Bodo avait publié sur Facebook un message exhortant les Nigériens à se mobiliser contre les violences étatiques. Il y dénonçait notamment les exactions commises par les forces de l’ordre, évoquant des déguerpissements forcés et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays.

Parmi les exemples cités, il a pointé du doigt les expulsions arbitraires autour de l’aéroport de Niamey, cible d’une attaque terroriste revendiquée par l’État islamique au Sahel en janvier dernier. Les autorités justifient ces démolitions par la nécessité de prévenir les risques terroristes dans la zone.

Un contexte sécuritaire et politique sous haute tension

Le Niger fait face à une insécurité croissante depuis plusieurs années, avec des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique menant des attaques régulières. Depuis le putsch de juillet 2023, le pays est dirigé par une junte militaire qui a instauré un régime strict, marqué par des restrictions des libertés et une répression accrue des voix dissidentes.

Une vague d’arrestations ciblant la presse et la société civile

Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir, des journalistes et militants ont été arrêtés, incarcérés, voire condamnés pour des motifs variés : diffamation, atteinte à la sécurité nationale ou complot contre l’État. Selon les dernières données disponibles, treize professionnels des médias ont été détenus en 2025, dont trois ont été libérés début mai après plusieurs mois d’emprisonnement.

Cinq autres journalistes restent toujours derrière les barreaux, d’après les associations de défense de la presse locale. Parmi les figures emblématiques toujours en prison figure Moussa Tchangari, un militant emblématique de la société civile, incarcéré depuis fin 2024 pour « apologie du terrorisme » et « atteinte à la sûreté de l’État ».