Niger : trois ans après le pivot russe, l’insécurité persiste malgré les promesses

Trois ans après le coup d’État de juillet 2023 ayant entraîné un rapprochement militaire avec la Russie, le Niger fait face à une dégradation continue de sa situation sécuritaire. Malgré les annonces des nouvelles autorités visant à restaurer l’ordre, les groupes jihadistes renforcent leur emprise, infligeant des pertes humaines et matérielles considérables aux Forces de défense et de sécurité.

Des attaques d’une ampleur sans précédent

Les dernières semaines ont été marquées par une vague de violences d’une intensité alarmante. Selon des sources internes au ministère de l’Intérieur, au moins 265 soldats nigériens ont péri en l’espace de trois jours lors d’attaques simultanées visant plusieurs bases militaires. Ces assauts, parmi les plus meurtriers jamais enregistrés, illustrent la capacité des groupes armés à frapper simultanément et à infliger des pertes importantes.

Le renforcement des liens avec Moscou, l’arrivée de conseillers militaires russes ainsi que le retrait progressif des partenaires traditionnels n’ont pas permis d’inverser la tendance. Bien au contraire, les observateurs signalent une escalade des violences depuis 2023, avec une augmentation significative des attaques et des victimes.

Une tendance préoccupante confirmée par les chiffres

Les données compilées par le projet ACLED révèlent une situation alarmante : en 2023, pas moins de 225 attaques ont été recensées sur le territoire nigérien, un chiffre comparable à celui de 2022, mais accompagné d’une hausse de 27 % des décès liés aux violences. Cette dynamique s’est encore aggravée en 2025, où le nombre de victimes civiles a atteint un niveau record, dépassant les 700 morts, soit plus du double du bilan de 2023.

Ces chiffres, tirés du dernier rapport d’ACAPS, confirment une détérioration progressive de la situation, malgré les déclarations officielles promettant de « rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ».

Les régions du nord-ouest, épicentre de l’insurrection

Les zones de Tillabéri, Tahoua et les régions frontalières avec le Mali et le Burkina Faso restent les théâtres privilégiés des affrontements. Les groupes affiliés à l’État islamique et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) y mènent des campagnes de terreur, ciblant aussi bien les forces de l’ordre que les populations civiles.

Parmi les attaques les plus meurtrières, on recense la perte de plus de 60 militaires à Tabatol en octobre 2023, l’embuscade ayant coûté la vie à 23 soldats à Tillabéri en mars 2024, ainsi qu’une série d’attaques incessantes contre des convois, des villages et des postes militaires. Ces événements soulèvent des interrogations quant à l’efficacité des nouvelles stratégies sécuritaires adoptées.

Un partenariat sécuritaire sous le feu des critiques

Trois ans après le virage diplomatique et militaire en direction de la Russie, la menace jihadiste persiste et continue de mettre à l’épreuve les capacités des forces nigériennes. Les promesses de sécurité des autorités peinent à se concrétiser, et le débat sur la pertinence de ce nouveau partenariat s’intensifie.