Le Sénégal défend sa loi anti-lgbtq+ face aux critiques de l’occident

le Sénégal défend sa loi anti-lgbtq+ face aux critiques de l’occident

Ousmane sonko
Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, s’exprime devant les députés

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué cette semaine la volonté de l’Occident d’imposer ses valeurs, notamment sur la question des droits LGBTQ+, après l’adoption d’une loi renforçant les sanctions contre les relations entre personnes du même sexe.

Dans un discours devant les parlementaires, il a dénoncé une « tyrannie » occidentale, accusant les pays riches de vouloir exporter des normes étrangères au Sénégal, pays où l’homosexualité est largement rejetée par la société.

La loi, promulguée fin mars par le président Bassirou Diomaye Faye, alourdit les peines encourues pour les « actes contre nature », passant de un à cinq ans d’emprisonnement à cinq à dix ans. Une mesure qui s’accompagne de sanctions pour ceux qui encouragent ou financent ces relations, pouvant aller jusqu’à sept ans de prison.

Depuis son entrée en vigueur, plusieurs arrestations ont déjà été recensées.

« L’Occident représente une infime partie de la population mondiale, mais grâce à son influence médiatique et économique, il tente d’imposer ces pratiques au reste du monde », a-t-il déclaré, soulignant que les critiques venues de l’étranger, notamment de France, ne reflétaient pas l’opinion de la majorité des pays africains, asiatiques ou arabes.

Face aux appels au moratoire sur l’application de cette loi, lancés par une trentaine de personnalités africaines, Sonko a réaffirmé avec fermeté le refus du Sénégal de céder à ces pressions. « Si ces pratiques leur conviennent, qu’ils les assument. Mais nous n’avons aucune leçon à recevoir de leur part », a-t-il lancé.

Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’appliquer strictement la nouvelle législation, sans aucune exception.

Avant d’occuper ses fonctions actuelles, Ousmane Sonko avait déjà promis, en tant que candidat, de criminaliser davantage les relations homosexuelles, transformant une infraction mineure en délit passible de peines plus lourdes.