Le parlement béninois examine deux projets de loi cruciaux ce vendredi

Les parlementaires de la 10ᵉ législature du Bénin sont convoqués ce vendredi au Palais des Gouverneurs pour une session déterminante. À l’ordre du jour, l’examen de deux importants projets loi Bénin. Cette rencontre promet des débats cruciaux pour l’actualité béninoise.

Assemblée nationale du Bénin Photo: @LSI Africa

Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, a initié cette convocation pour le vendredi 19 juin 2026. La session plénière portera sur deux textes législatifs urgents : le projet de budget rectificatif pour l’année 2026 et une proposition de modification de la législation régissant l’organisation et le fonctionnement du Médiateur de la République.

La Conférence des présidents a approuvé un calendrier accéléré, soulignant l’importance d’un examen et d’un vote rapides de ces documents législatifs. Cette démarche rapide vise à harmoniser sans tarder les politiques publiques avec la récente composition gouvernementale, façonnée par l’entrée en fonction du président Romuald Wadagni et les orientations stratégiques qu’il a impulsées.

Le projet de budget rectificatif 2026 prévoit une augmentation significative du budget général de l’État, le faisant passer de 3 783,984 milliards à 4 086,620 milliards de FCFA, ce qui représente une croissance de 8 %.

Les enjeux du budget rectificatif 2026 pour l’économie Bénin

Malgré ces ajustements budgétaires, les prévisions macroéconomiques restent stables, avec un taux de croissance projeté à 7,5 %. Une rationalisation des charges de personnel est prévue, entraînant une diminution de 9,8 %, sans affecter les prévisions de recrutement ni les acquisitions de biens et services. Parallèlement, les recettes budgétaires devraient connaître une hausse de 2 %, tandis que les dépenses d’investissement augmenteront de 8,5 %.

Au-delà des chiffres, cette loi de finances rectificative met l’accent sur les priorités sociales, témoignant d’une orientation forte en faveur de la société Bénin aujourd’hui. Des fonds supplémentaires sont alloués au renforcement de la protection sociale et du capital humain. Cela inclut l’installation de points d’eau dans les établissements scolaires et sanitaires, l’intensification du programme de supplémentation nutritionnelle pour les jeunes enfants, l’amélioration de l’assurance maladie obligatoire et la prise en charge des enfants en situation de rue ou de mendicité.

Le secteur de l’éducation n’est pas en reste, recevant une impulsion majeure. Dès la rentrée 2026-2027, la gratuité des frais de scolarité sera généralisée pour les jeunes filles de l’enseignement secondaire général. De plus, un programme de construction de locaux pour les cantines scolaires sera mis en œuvre, renforçant ainsi le soutien à l’éducation.

Concernant la sécurité intérieure, l’État a augmenté ses allocations budgétaires pour consolider le dispositif de sécurité publique, avec un accent particulier sur l’installation de systèmes de vidéoprotection dans les principales agglomérations. Les domaines de la santé et des infrastructures bénéficient également d’un renforcement des crédits du Programme d’investissements publics. Ces fonds soutiendront la construction et la rénovation d’établissements hospitaliers et de dispensaires, l’opérationnalisation du Centre hospitalier international de Calavi, et la concrétisation de projets d’assainissement et de transport.

Face à la hausse des prix induite par les tensions géopolitiques mondiales, le gouvernement béninois prévoit de soutenir le secteur productif par des subventions aux intrants agricoles. Cette initiative vise à dynamiser la productivité et à garantir la sécurité alimentaire du pays. La session de ce vendredi représente, de fait, un événement majeur dans le calendrier parlementaire, en raison de l’ampleur financière du budget rectificatif et des orientations politiques et sociales qu’il véhicule pour la politique béninoise.