À Genève, une rencontre majeure s’est tenue sous le thème « Pékin après 30 ans : mobilisation du système des droits de l’Homme des Nations Unies pour progresser vers l’égalité de genre et la pleine jouissance des droits des femmes et des filles ». Le Maroc y a joué un rôle actif, partageant son expertise et présentant des propositions concrètes pour une gouvernance internationale des droits humains plus efficace.
El Habib Belkouch, un responsable marocain, a souligné l’importance stratégique de la participation du Royaume aux travaux du Conseil des droits de l’Homme. Ces plateformes sont, selon lui, cruciales pour suivre les évolutions nationales et internationales en matière de droits. Il a notamment mis en avant la contribution du Maroc à travers l’organisation à Rabat d’un colloque international marquant les 20 ans de l’Examen périodique universel (EPU), une initiative saluée comme une première mondiale.
Cette rencontre à Rabat a permis de formuler des recommandations précises visant à optimiser l’efficacité de l’EPU, l’un des mécanismes de reddition de comptes les plus performants du système des Nations Unies. El Habib Belkouch a insisté sur le fait que cet événement n’était pas isolé, mais s’inscrivait dans une stratégie globale du Maroc pour renforcer et rationaliser les mécanismes internationaux dédiés aux droits humains.
Dans cette optique, le responsable marocain a évoqué la préparation d’un prochain rendez-vous international. Celui-ci aura pour but d’évaluer les diverses composantes du système onusien, qu’il s’agisse des procédures spéciales (rapporteurs, groupes de travail) ou des mécanismes conventionnels. L’objectif est de promouvoir une meilleure cohérence institutionnelle, particulièrement pertinente face à la multiplication des mécanismes et aux redondances thématiques, notamment dans des domaines comme les droits de l’enfant.
El Habib Belkouch a également analysé le contexte international actuel, qu’il a qualifié de « période de crise ». Paradoxalement, cette période offre une opportunité unique d’impulser des réformes ambitieuses. « Sortir de la crise suppose de tracer des perspectives positives, de consolider les acquis et de renforcer la place des droits de l’Homme face aux remises en question observées dans plusieurs régions du monde », a-t-il affirmé.
Le Maroc a par ailleurs mis en lumière son expérience en matière de mécanismes nationaux de suivi et de mise en œuvre des recommandations internationales. Cette approche est présentée comme un modèle en développement sur la scène internationale, suscitant un intérêt croissant de la part de plusieurs nations. Des États tels que la Corée, les Pays-Bas ou les Émirats arabes unis ont déjà manifesté leur intérêt pour l’expérience marocaine et ont engagé des échanges pour s’en inspirer.
Pour le délégué interministériel, ces mécanismes nationaux incarnent l’avenir de l’action en faveur des droits humains. Ils permettent en effet de passer de la simple formulation de recommandations à leur concrétisation effective. « C’est à ce niveau que se joue la réalisation réelle des droits de l’Homme », a-t-il conclu.
Cette thématique figurait également parmi les sujets phares présentés lors du forum de Glion, auquel le Maroc a activement contribué l’année dernière. Le Royaume confirme ainsi sa détermination à participer activement aux débats structurants sur l’avenir du système international des droits de l’Homme, tout en valorisant ses propres avancées et en plaidant pour une gouvernance plus efficiente et cohérente.
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