Le Gabon mise sur une transformation économique et sociale ambitieuse

Politique

le Gabon mise sur une transformation économique et sociale ambitieuse

Libreville, juillet 2026 – Un mois après s’être exprimé devant le Parlement réuni en Congrès, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à prolonger cette démarche de transparence avec une conférence de presse menée par son Conseiller spécial et Porte-parole de la Présidence, Théophane Nzame-Nze Biyoghe.

Cette prise de parole n’était pas qu’un simple bilan institutionnel. Elle a permis de tracer les grandes lignes d’une vision gouvernementale et d’une ambition nationale qui dépassent désormais le cadre de la transition pour s’inscrire dans une transformation durable de l’État gabonais.

Le message adressé aux Gabonais comme aux partenaires internationaux est sans ambiguïté : le pays souhaite définitivement tourner la page des incertitudes pour s’imposer comme un acteur crédible, influent et stratégiquement positionné sur la scène régionale et internationale.

Selon le Porte-parole de la Présidence, l’allocution présidentielle du 15 juin dernier a marqué « un moment charnière de vérité, de transparence et de rassemblement autour des progrès accomplis et des défis à relever ». Derrière ces mots se profile une volonté politique assumée de refondre simultanément la diplomatie, l’économie, les infrastructures et le contrat social gabonais.

Un Gabon qui compte à l’international

La première priorité des nouvelles autorités a été de rétablir la crédibilité internationale du pays. Longtemps perçu avec une certaine réserve par certains partenaires, le Gabon ambitionne désormais de redevenir un interlocuteur incontournable sur les grands enjeux africains et mondiaux. Le pays multiplie les initiatives diplomatiques, renforce ses alliances stratégiques et affiche une détermination nouvelle à défendre ses intérêts avec fermeté.

Théophane Nzame-Nze Biyoghe a souligné cette évolution : « Le Gabon ne veut plus être un pays marginal. Il entend désormais compter, influencer et contribuer activement aux dynamiques régionales et internationales. »

Cette ambition diplomatique s’accompagne d’une mutation économique tout aussi profonde. Les autorités souhaitent progressivement quitter un modèle économique fondé sur l’exportation brute de matières premières pour bâtir une économie plus résiliente, axée sur la création locale de valeur ajoutée.

La transformation du manganèse sur place illustre cette nouvelle orientation industrielle. L’enjeu ? Stimuler davantage d’activités productives, développer les compétences nationales et générer des emplois qualifiés pour les Gabonais.

Cette stratégie se prolonge par une diversification vers l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, le numérique et les industries de transformation.

L’agriculture et les infrastructures au cœur de la stratégie nationale

Le secteur agricole incarne l’un des volets les plus concrets de cette stratégie de diversification. Deux laboratoires d’analyse des sols ont été construits et équipés, tandis que le Laboratoire national vétérinaire a été entièrement réhabilité. Une base juridique encadrant le foncier agricole a été établie, et de nouveaux textes réglementant les semences et les pesticides ont été adoptés. La loi-cadre sur la sécurité sanitaire des produits alimentaires a également progressé de manière significative.

Sur le terrain, cent quarante-cinq tracteurs et équipements agricoles ont été déployés à travers le pays, et quatre-vingt-onze véhicules ont été attribués aux services techniques. Le plan d’urgence pour la filière avicole mobilise à lui seul cent vingt milliards de francs CFA sur deux ans, avec cent cinquante exploitations déjà identifiées. La création de la Société Agropastorale du Gabon renforce encore cette dynamique visant à accroître progressivement la souveraineté alimentaire nationale.

Le secteur des infrastructures suit la même logique de transformation structurelle. Près de mille neuf cents kilomètres de routes sont actuellement en cours de rénovation ou de construction. Des axes majeurs comme Ovan-Makokou, Ntoum-Cocobeach ou Alembe-Mikouyi doivent désenclaver plusieurs régions et fluidifier la circulation des biens et des personnes.

Selon les chiffres officiels, ces travaux ont déjà généré plus de six mille emplois directs répartis dans l’ensemble des provinces du pays.

Le social, clé de voûte de la réussite

L’ambition économique ne saurait porter ses fruits sans une amélioration tangible des conditions de vie. C’est précisément sur ce terrain que les nouvelles autorités entendent être jugées. La généralisation progressive de la couverture maladie via le Fonds 4 marque une étape importante dans l’élargissement de la protection sociale aux travailleurs indépendants et aux assurés volontaires.

Dans le domaine de la santé, quatorze blocs opératoires ont été réhabilités, et plusieurs scanners ont été installés à Port-Gentil, Mouila et Koulamoutou pour réduire les évacuations sanitaires internes. Deux cent soixante-huit médecins généralistes ont été déployés, quatre cents professionnels supplémentaires recrutés, et deux cents agents de santé communautaire formés.

La lutte contre la vie chère figure également parmi les priorités, avec la création de la Centrale d’Achat du Gabon et plusieurs mesures fiscales destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages. Les défis persistants en matière d’accès à l’eau et à l’électricité n’ont pas été ignorés : le déclenchement de l’état d’urgence hydrique en témoigne.

Théophane Nzame-Nze Biyoghe a expliqué que cette mobilisation exceptionnelle doit être comprise comme une réponse immédiate, tout en préparant des solutions plus durables. La visite d’État que le président Oligui Nguema effectuera prochainement en France s’inscrit dans cette logique de repositionnement stratégique et d’approfondissement des partenariats internationaux.

Mais au-delà des investissements, des accords ou des infrastructures, le véritable défi réside peut-être ailleurs. « Aucune transformation nationale ne peut aboutir sans l’implication de tous », a rappelé le Conseiller spécial du chef de l’État.

Cette phrase résume l’enjeu fondamental des années à venir. La réussite du Gabon dépendra autant des politiques publiques que de la capacité collective des institutions, des entreprises, de la société civile et des citoyens à s’approprier cette dynamique.

Le Gabon ne cherche plus simplement à changer de trajectoire économique. Il s’engage dans une révolution des mentalités, administrative et citoyenne. C’est souvent dans cette transformation silencieuse que se joue l’avenir des nations.