En maintenant la note souveraine du Tchad à « B- » avec une perspective stable à la mi-mars, l’agence S&P vient de valider les orientations stratégiques du pays, notamment celles portées par le plan « Tchad Connexion 2030 ». Cette évaluation positive reflète la solidité de la dynamique économique nationale, caractérisée par une croissance soutenue, une gestion prudente de la dette et un soutien indéfectible des institutions internationales.
Une trajectoire de croissance revue à la hausse
Depuis 2023, l’économie tchadienne affiche une reprise vigoureuse, stimulée par la hausse des cours du pétrole et le redressement du secteur tertiaire. Pour l’année 2025, S&P anticipe une progression du PIB réel de 5 %, une prévision nettement plus optimiste que les 3,6 % initialement projetés fin 2024. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a également ajusté ses chiffres, tablant désormais sur une croissance de 5,2 %.
Cette vitalité s’explique par une meilleure performance de la production agricole et un dynamisme accru des activités non pétrolières. Bien que les hydrocarbures restent un pilier central pour les recettes de l’État et les exportations, l’agriculture et les services jouent un rôle croissant dans le soutien de la demande locale, favorisant ainsi une diversification progressive de l’économie.
Maîtrise de l’endettement public
Le Tchad a accompli des efforts remarquables pour stabiliser ses finances publiques. La dette de l’État est désormais sur une pente descendante, représentant environ 36 % du PIB, un niveau jugé raisonnable par rapport aux économies comparables. En 2022, le pays s’était distingué en étant le premier à solliciter le cadre commun du G20 pour restructurer sa dette extérieure.
Aujourd’hui, cette dette extérieure ne constitue plus que la moitié de l’endettement global et bénéficie majoritairement de conditions concessionnelles avantageuses. Cette amélioration redonne au Tchad une flexibilité budgétaire précieuse pour attirer les investisseurs et déployer les projets d’envergure du plan « Tchad Connexion 2030 ». La rigueur budgétaire actuelle permet de concilier investissements structurants et dépenses à caractère social.
Optimisation de la collecte fiscale
Le renforcement de la mobilisation des ressources internes constitue un autre pilier des réformes en cours. Le taux de pression fiscale est passé de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023, témoignant d’une meilleure efficacité de l’administration fiscale et d’un élargissement de la base d’imposition. Cette tendance positive s’est maintenue en 2025, avec des revenus non pétroliers dépassant les attentes.
Ces progrès sont soutenus par un accord avec le FMI, validé en juillet 2025 pour un montant de 625,3 millions de dollars, ainsi que par la digitalisation des processus financiers. Selon les autorités, cette stabilité confirmée par S&P renforce la crédibilité du Tchad sur la scène internationale et favorise l’arrivée de nouveaux capitaux privés.
Les ambitions du plan « Tchad Connexion 2030 »
Adopté en mai 2025 après une période de transition politique marquée par l’élection du président Mahamat Idriss Deby Itno, ce plan stratégique vise une transformation profonde du pays. En novembre 2025, le Tchad a mobilisé 20,5 milliards de dollars à Abu Dhabi pour financer 268 projets transversaux.
L’objectif est d’atteindre une croissance de 8 % d’ici 2030, permettant d’augmenter le PIB de 60 % et de sortir plus de 2,6 millions de citoyens de la précarité. Le programme s’articule autour de quatre axes majeurs :
- Développement des infrastructures (eau, électricité, routes, télécoms).
- Renforcement de l’éducation, de la santé et de l’emploi des jeunes.
- Diversification économique (agriculture, élevage, mines, tourisme).
- Amélioration de l’environnement des affaires et simplification administrative.
Vous pourrez aussi être intéressé par
-
Rodez renverse le Red Star au terme d’un duel épique pour la montée
-
Crise de la dette au Sénégal : vers des solutions durables loin de l’austérité
-
Mayelia PARTICIPATIONS et SICTA : une nouvelle ère pour le contrôle technique en Côte d’Ivoire
-
Dialogue entre le Sénégal et le FMI sur les réformes et la gestion de la dette
-
Le ministre norvégien Åsmund Aukrust renforce la coopération avec le Sénégal à Dakar
