En ce jour décisif, le président de la Cour constitutionnelle gabonaise, Dieudonné Aba’a Owono, a ouvert ses portes à une délégation de l’Union des agents retraités des Forces de défense et de sécurité du Gabon. Lors de cette audience exceptionnelle, les anciens combattants et fonctionnaires ont exposé sans détour leur situation financière et sociale, marquée par des difficultés croissantes.
Cette démarche historique survient à un moment où l’association, fraîchement légitimée par le ministère de l’Intérieur et les autorités de la Défense nationale, se positionne comme un acteur incontournable pour défendre les droits des anciens militaires et policiers. Leur objectif ? Mettre fin à une précarité qui s’aggrave et exiger que l’État honore ses engagements envers ceux qui l’ont servi avec loyauté.
Les pensionnés du Gabon éprouvent une profonde amertume : après avoir consacré leur vie à la sécurité nationale, ils réclament aujourd’hui le versement des droits et prestations sociales qui leur reviennent de droit, mais qui leur sont systématiquement refusés.
Une inégalité criante dans le système de retraite
Le cœur du mécontentement réside dans une injustice flagrante : l’accès inégal aux avantages liés à la retraite entre les différentes catégories d’agents. Selon eux, les textes en vigueur ne profitent qu’à une petite élite, laissant la majorité des retraités dans une situation précaire.
Jean Edgard Moussavou, porte-parole de l’Union, n’a pas hésité à dénoncer cette disparité. « Nous avons engagé plusieurs démarches concernant les articles 94 et 104. Le premier prévoit une indemnité pour services rendus à la Nation, tandis que le second garantit 80 % du dernier salaire de base aux retraités. Pourtant, seuls les officiers généraux bénéficient d’un décret d’application. Aujourd’hui, nos pensions sont calculées sur du vent. »
La Cour constitutionnelle appelle au respect des procédures légales
Dieudonné Aba’a Owono, sensible à la détresse exprimée, a rappelé l’importance de suivre des voies légales et administratives pour faire valoir leurs droits. Le président de la Haute juridiction a insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue apaisé et respectueux des institutions, tout en reconnaissant la sensibilité du dossier.
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