Les élections présidentielles de 2025 en Afrique ont révélé une tendance inquiétante : l’élimination précoce des candidats d’opposition, bien avant même le lancement officiel des campagnes. Parmi les scrutins les plus marquants figurent ceux de Djibouti, organisé le 10 avril, et du Bénin, deux jours plus tard. Dans le premier pays, le président sortant Ismaïl Omar Guelleh a obtenu 97,8 % des voix, tandis qu’au Bénin, Romuald Wadagni, favori du président Patrice Talon, a remporté 94 % des suffrages. Des résultats sans appel pour des élections dépourvues de réelle compétition.
À Djibouti, l’un des principaux opposants, Alexis Mohamed, a finalement renoncé à se présenter. Si des raisons sécuritaires ont été évoquées, ce sont surtout « les coûts exorbitants de candidature » qui ont bloqué sa participation. Le quotidien britannique The Guardian qualifie d’ailleurs ces élections de « purement cérémonielles », illustrant ainsi un phénomène récurrent sur le continent.
Des frais d’inscription trop élevés : un mécanisme d’exclusion
Les candidats se heurtent régulièrement à des barèmes électoraux prohibitifs, rendant la participation des opposants presque impossible. Ces frais, souvent présentés comme des cautions financières, deviennent de véritables obstacles économiques. Résultat : les scrutins se transforment en formalités administratives, où les résultats sont connus d’avance.
Au Bénin, le cas est emblématique. Les frais de campagne, bien que légaux en apparence, agissent comme un filtre invisible, écartant systématiquement les prétendants issus de l’opposition. Cette pratique soulève des questions sur l’équité du processus démocratique et la transparence des institutions.
Un système qui favorise les sortants
Les élections de 2025 au Bénin et à Djibouti confirment une tendance lourde : les présidents sortants, soutenus par des appareils étatiques solides, profitent d’un terrain de jeu inégal. Les frais de candidature, combinés à d’autres contraintes logistiques, créent un déséquilibre structurel. Les observateurs dénoncent une « victoire du porte-monnaie sur la démocratie », où l’argent remplace l’engagement politique.
Cette situation interroge sur l’avenir des processus électoraux en Afrique. Comment garantir une compétition équitable lorsque les règles du jeu sont conçues pour avantager un camp ? Les frais de campagne, sous couvert de régulation, deviennent des outils de restriction déguisés.
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