Diplomatie : Faure Gnassingbé et l’émissaire congolais face aux crises dans l’est de la RDC

Lomé : le président togolais et l’envoyé spécial de Félix Tshisekedi analysent les tensions régionales

Dans la capitale togolaise, le président du Conseil des ministres du Togo et médiateur désigné par l’Union africaine pour la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu ce mardi Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale. Cette rencontre, organisée à Pya dans la préfecture de Kozah, s’inscrit dans une série de consultations diplomatiques destinées à apaiser la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs.

Une médiation africaine au cœur des enjeux géopolitiques

Les discussions entre le chef de la diplomatie togolaise et l’émissaire du président congolais Félix Tshisekedi ont porté sur deux axes principaux : le renforcement des relations bilatérales entre le Togo et la RDC, et l’évaluation des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays. Faure Gnassingbé, en sa qualité de médiateur nommé par l’Union africaine, a réaffirmé son engagement à trouver une solution durable au conflit opposant Kinshasa à Kigali, accusé par la RDC de soutenir militairement la rébellion de l’AFC/M23.

« Le président congolais a salué l’implication personnelle de Faure Gnassingbé dans la recherche d’une issue pacifique à la crise qui secoue les Grands Lacs. Le Togo, par son président, joue un rôle clé dans la coordination des efforts de médiation à l’échelle régionale et continentale », a indiqué la présidence togolaise dans un communiqué.

Contexte : escalade des tensions et initiatives diplomatiques

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une intensification des affrontements dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où la rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, continue de progresser. Malgré les tentatives de dialogue engagées à Washington et à Doha, les hostilités persistent, alimentant une crise humanitaire sans précédent.

Avant son étape à Lomé, Floribert Anzuluni avait effectué une visite en Ouganda pour y transmettre un message de Félix Tshisekedi à son homologue Yoweri Museveni. Ces déplacements s’ajoutent aux consultations menées par d’autres acteurs régionaux, comme le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui a récemment rencontré des représentants religieux et politiques congolais pour promouvoir la paix.

Une diplomatie africaine en action

Ces échanges s’inscrivent dans le cadre d’une mobilisation accrue des pays voisins pour stabiliser la région. Faure Gnassingbé avait déjà organisé une session technique d’évaluation du processus de paix les 7 et 8 juin 2026 à Lomé, réunissant plusieurs facilitateurs, dont d’anciens chefs d’État et des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la SADC. L’objectif : renforcer la cohérence des mécanismes de médiation et coordonner les efforts en faveur d’une paix durable.

« La stabilité de l’Est de la RDC ne peut être assurée que par une action collective des acteurs africains et internationaux. Il est impératif de maintenir cette dynamique pour éviter une nouvelle escalade des violences », a souligné le médiateur de l’Union africaine.

Perspectives et défis à venir

Cette diplomatie active survient à un moment charnière pour la RDC, où des débats agitent la classe politique autour d’une possible révision constitutionnelle, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi. Parallèlement, les consultations bilatérales entre Kinshasa et Luanda, ainsi que les initiatives diplomatiques menées par les présidents congolais et congolais du Congo, Denis Sassou Nguesso, illustrent la volonté de la région de trouver une issue à la crise.

Ces rencontres diplomatiques rappellent l’importance d’une approche unifiée pour surmonter les défis sécuritaires et politiques qui menacent la paix dans les Grands Lacs. Le rôle de Lomé, en tant que plateforme de dialogue, reste central dans cette quête de solutions durables.