Ousmane Sonko appelle à un dialogue politique pour préserver la stabilité du Sénégal
Alors que le Sénégal traverse une période politique délicate après le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, ce dernier plaide pour un dialogue constructif afin d’éviter une nouvelle crise. Entre tensions institutionnelles et divergences de gestion, l’ancien chef du gouvernement met en garde contre les risques d’une instabilité prolongée.
Ousmane Sonko, figure majeure de la politique sénégalaise et chef du parti Pastef, a récemment réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue politique intelligent pour sortir le pays des turbulences actuelles. Depuis son éviction de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye, il multiplie les prises de parole pour alerter sur les dangers d’une gouvernance sans assise solide.
« Un pays est une affaire sérieuse, tout comme la formation d’un gouvernement. On ne peut pas improviser sans tenir compte des réalités politiques », a-t-il déclaré lors d’une intervention publique. Sonko, qui a également été élu président de l’Assemblée nationale le 26 mai, souligne que le nouveau gouvernement, composé de 30 membres, manque de légitimité démocratique et ne bénéficie d’aucun soutien parlementaire structuré.
Parmi les points de friction entre les deux hommes, la question de la dette publique du Sénégal occupe une place centrale. Bassirou Diomaye Faye aurait justifié la révocation de Sonko en invoquant des divergences irréconciliables sur la stratégie à adopter pour y faire face. Sonko, pour sa part, dénonce une approche gouvernementale « désorganisée » et « déconnectée des besoins réels de la population ».
Une cohabitation sous haute tension
Avec 130 députés sur 165 à l’Assemblée nationale, le Pastef dispose d’une majorité écrasante. Pourtant, Sonko affirme que le président Faye, dépourvu de soutien parlementaire, se retrouve dans une position de faiblesse. « Nous sommes en situation de cohabitation, que cela lui plaise ou non. Il n’a ni les moyens ni le mandat pour gouverner sans dialogue », a-t-il martelé.
Malgré ces critiques acerbes, Sonko assure que son parti ne cherche pas à destabiliser le gouvernement. « Nous sommes prêts à accompagner cette équipe pour qu’elle réussisse, mais nous ne fermerons pas les yeux sur les erreurs. Si nécessaire, nous utiliserons les outils constitutionnels à notre disposition, sans pour autant précipiter une crise », a-t-il précisé.
Appel à la responsabilité collective
Pour éviter un retour aux violences politiques qui ont marqué le pays entre 2021 et 2024 — avec des manifestations réprimées dans le sang —, Sonko insiste sur l’urgence d’un compromis national. « Personne ne viendra investir au Sénégal si nous nous enfermons dans des luttes stériles. La paix sociale et la stabilité politique doivent primer sur les ambitions personnelles », a-t-il plaidé.
Il a également appelé ses partisans à la modération, dénonçant des provocations ciblant ses proches et exhortant la jeunesse à rester calme. « La paix se construit à deux. Sans dialogue, il n’y a pas de solution durable », a-t-il conclu, réaffirmant sa volonté de voir le Sénégal éviter une nouvelle descente aux enfers.
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