Plusieurs centaines d’individus, enlevés plus tôt cette année par le groupe terroriste Boko Haram dans un village de l’État de Borno, situé au nord-est du Nigéria, ont été libérés ce week-end. L’annonce a été faite dimanche par un sénateur ainsi qu’un représentant local de la jeunesse.
Les enlèvements, fréquemment motivés par des demandes de rançon, sont devenus une stratégie prépondérante pour les djihadistes de Boko Haram dans leur lutte armée contre l’État nigérian. Cette insurrection, qui sévit depuis dix-sept ans, est principalement concentrée dans la région du nord-est.
Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), a affirmé que son organisation avait « orchestré la libération des 416 femmes et enfants kidnappés à Ngoshe ».
Ces otages ont recouvré leur liberté samedi, a précisé M. Kaigama aux journalistes.
Mohammed Ali Ndume, sénateur représentant l’État de Borno, a également confirmé cette opération de libération.
Les modalités exactes de cette libération demeurent pour l’heure inconnues.
Les victimes étaient retenues par les militants de Boko Haram « dans des conditions extrêmes après avoir été enlevées dans diverses localités, particulièrement dans la zone de Ngoshe », a-t-il été indiqué. Tragiquement, « deux nourrissons ont succombé à l’épuisement, conséquence d’une captivité prolongée et d’un environnement difficile », a rapporté Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, via les réseaux sociaux.
Un communiqué de l’armée a mentionné que les troupes avaient collecté des renseignements et mené des « opérations psychologiques » pour instiller la « méfiance au sein des rangs des insurgés » avant de lancer la « phase d’assaut ».
Les terroristes avaient exigé des millions de nairas en échange de la libération des otages de Ngoshe.
Bien que les autorités nigérianes démentent verser des rançons, des experts estiment qu’il s’agit d’une pratique courante, impliquant tant le gouvernement que les familles des personnes enlevées.
Au Nigéria, les multiples groupes armés, incluant les djihadistes, les « bandits » et les mouvements séparatistes, ont généré une crise des enlèvements à l’échelle nationale. Cette situation a permis de générer environ 1,66 million de dollars en rançons entre juillet 2024 et juin 2025, selon les révélations d’un cabinet de conseil basé à Lagos.
Le village de Ngoshe se trouve à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise, niché dans les collines de Gwoza, un bastion historique de Boko Haram, et a été la cible de nombreuses attaques.
Depuis son apparition en 2009 avec le soulèvement de Boko Haram, l’insurrection djihadiste au Nigéria, qui a engendré divers groupes armés, a causé la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres.
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