Découverte cryptographique : claude affaiblit hawk et une version d’AES

découverte cryptographique : claude affaiblit hawk et une version d’AES

L’équipe Frontier Red Team d’Anthropic a révélé des vulnérabilités dans deux algorithmes de chiffrement majeurs : HAWK, un schéma de signature post-quantique, et une version réduite d’AES. Ces découvertes, bien que théoriques, soulèvent des questions sur l’évolution de la cybersécurité face aux progrès de l’intelligence artificielle.

Le faucon post-quantique à l’épreuve des algorithmes

HAWK, candidat prometteur pour la cryptographie post-quantique, a été conçu pour résister aux attaques des futurs ordinateurs quantiques. Pourtant, l’IA Claude de Mythos Preview a réussi à réduire de moitié sa résistance théorique. Grâce à une symétrie géométrique découverte dans le problème d’isomorphisme de réseaux euclidien modulaire, les chercheurs ont pu extraire une clé secrète en seulement 3 heures et 42 minutes sur un serveur standard de 96 cœurs.

Cette faille a poussé les concepteurs de HAWK à retirer leur algorithme du processus de sélection du NIST, rendant caduc son potentiel d’utilisation future. Une leçon sur la fragilité des innovations cryptographiques face aux avancées technologiques.

AES : une faille théorique sans impact réel

Côté AES, l’IA a identifié une vulnérabilité dans une version réduite de l’algorithme (7 tours au lieu de 10). En exploitant le « Pont de Möbius », une technique d’empreinte invariante, les chercheurs ont accéléré les attaques existantes d’un facteur 200 à 800. Cependant, cette faille reste strictement académique : la version standard d’AES-128, avec ses 10 tours, reste inviolable.

Malgré tout, cette découverte rappelle l’importance de maintenir des clés d’au moins 192 bits pour une sécurité optimale, notamment face aux futures menaces quantiques. L’ANSSI recommande d’ailleurs cette pratique pour anticiper les besoins post-quantiques.

L’ia au service de la cybersécurité : une révolution en marche

Ces travaux illustrent le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans la recherche en cryptographie. Si les coûts de calcul restent élevés (jusqu’à 100 000 dollars pour certaines analyses), les capacités de Claude à repenser des méthodes d’attaque traditionnelles montrent un potentiel disruptif. Les chercheurs ont notamment dû ajuster les consignes d’incitation de l’IA, qui refusait initialement d’explorer des pistes jugées trop conventionnelles.

Ces avancées soulèvent aussi des défis organisationnels : la communauté de la cybersécurité doit désormais composer avec un afflux de découvertes, rendant le tri et la validation des résultats plus complexes que jamais.

Vers une nouvelle ère de la cryptographie ?

Si ces failles n’affectent pas les systèmes actuels, elles marquent un tournant. L’équilibre entre innovation et sécurité devient plus précaire, avec une IA capable de bouleverser des décennies de recherche en quelques heures. Les prochaines publications d’Anthropic pourraient révéler d’autres surprises, confirmant que la course entre cryptographes et attaquants est entrée dans une phase inédite.