Des tensions au sommet de Pastef après la formation du nouveau gouvernement sénégalais
Ousmane Sonko, président du parti Pastef, a révélé ce mardi 2 juin les tensions qui ont entouré la constitution du gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo. Selon lui, le président Bassirou Diomaye Faye aurait adopté une stratégie visant à affaiblir l’organisation politique en contournant ses instances dirigeantes.
Lors d’une conférence de presse, l’ancien Premier ministre a critiqué les consultations menées directement avec des ministres sortants, jugées contraires aux règles internes du parti. « Appeler individuellement des membres de Pastef pour des discussions gouvernementales est incompatible avec notre structure organisée », a-t-il souligné. Pour Sonko, ces démarches visaient délibérément à fragiliser la formation politique au pouvoir.
Un affrontement sur la représentativité politique
Ousmane Sonko a également contesté les déclarations de Bassirou Diomaye Faye concernant sa représentativité au sein de Pastef. « Il prétend être le plus représentatif, mais qu’il organise un meeting sans moi. S’il réussit à rassembler cent personnes, nous verrons », a-t-il lancé, citant notamment sa commune de Ndiaganiao comme un bastion difficile à conquérir pour le chef de l’État. « Il n’a aucune légitimité représentative au sein de Pastef », a-t-il ajouté.
L’ancien chef du gouvernement a précisé que plusieurs ministres sortants avaient recommandé au nouveau Premier ministre de solliciter l’avis des instances du parti avant toute nomination. Une suggestion ignorée, selon lui, par Ahmadou Al Aminou Lo, qui aurait refusé de consulter directement Sonko ou les responsables désignés par ce dernier.
Les coulisses d’une médiation inaboutie
Ousmane Sonko a détaillé les circonstances de sa rencontre avec Bassirou Diomaye Faye, organisée après une médiation menée notamment par le Premier ministre. « Al Aminou Lo et d’autres ont joué les médiateurs pour nous réunir », a-t-il expliqué. Le chef de l’État aurait contacté Sonko en fin de soirée du lundi 1er juin pour l’inviter au Palais présidentiel. Après un échange téléphonique, Sonko a accepté de se rendre sur place le lendemain à 8 heures.
Malgré cette rencontre, les tensions persistent quant à la méthode de formation du gouvernement. Ousmane Sonko a réitéré son opposition aux consultations individuelles, affirmant que le parti doit rester un acteur central dans les décisions politiques.
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