Crise migratoire à Ceuta : le Maroc dénonce une décision de justice espagnole problématique

Crise migratoire à Ceuta : le Maroc dénonce une décision de justice espagnole problématique

Des migrants regagnent le Maroc après avoir franchi la frontière pour entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, le 31 juillet 2026.

Les autorités marocaines ont clairement exprimé leur inquiétude auprès de l’Espagne avant l’émergence de la crise migratoire à Ceuta, soulignant les risques engendrés par une récente décision de justice espagnole. Un haut responsable du gouvernement marocain a catégoriquement rejeté toute idée d’une défaillance de son dispositif sécuritaire.

Ces derniers jours, près de 60 000 personnes, majoritairement des Marocains, ont tenté de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta, soit à pied, soit à la nage, en provenance de la ville voisine de Fnideq. Cet afflux sans précédent a rapidement saturé les capacités d’accueil de Ceuta, entraînant le retour de milliers de personnes vers le Maroc.

Une décision de justice espagnole pointée du doigt

D’après ce haut responsable marocain, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, les autorités de Rabat avaient alerté Madrid dès la fin juillet sur les conséquences potentielles d’une décision de la Cour suprême espagnole. Cette dernière stipule que le renvoi immédiat d’un migrant ne s’appliquerait pas aux personnes arrivées par la mer.

«Nous avions expliqué que cette décision allait nous poser un problème. Et effectivement, elle a créé une situation complexe», a-t-il déclaré.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a, pour sa part, attribué la crise à une rumeur diffusée «par les mafias de trafiquants d’êtres humains», évoquant une interprétation erronée de la décision de justice.

Les échanges entre les deux pays auraient débuté entre le 22 et le 23 juillet, lorsque les réseaux commençaient à évoquer cette nouvelle décision judiciaire.

Le Maroc rejette toute responsabilité exclusive

Le responsable marocain a fermement rejeté l’idée d’une faille dans le dispositif sécuritaire de son pays. Il a souligné qu’il était irréaliste de penser que le Maroc aurait pu contenir un tel afflux uniquement par la force, rappelant que les forces de l’ordre ne pouvaient entrer en confrontation directe avec un nombre aussi important de personnes.

«Prétendre que le Maroc aurait dû simplement utiliser la force pour les arrêter relève d’une méconnaissance totale de ce phénomène», a-t-il affirmé.

Il a également rappelé que la gestion des flux migratoires ne pouvait être une «responsabilité exclusive» du Maroc, soulignant que le coût annuel de cette gestion pour le royaume s’élève à environ 500 millions d’euros.

Néanmoins, il a tenu à saluer la collaboration entre Rabat et Madrid, décrivant leur relation comme celle de «partenaires fiables» travaillant «en parfaite coordination» sur les questions migratoires.

«À présent, c’est à l’Espagne de trouver des solutions aux défis posés par cette décision de justice», a-t-il conclu.