Crise en Ituri : le mouvement CRP/FRP de Thomas Lubanga reste isolé malgré ses ambitions
La Convention pour la révolution populaire/Forces pour la révolution populaire (CRP/FRP), dirigée par Thomas Lubanga, ancien condamné de la Cour pénale internationale (CPI), continue de peiner à obtenir un soutien significatif dans l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, rendu public début juillet 2026, aucune collaboration officielle n’a encore été établie entre la CRP/FRP et l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFC/M23), malgré le soutien public affiché par Lubanga en juillet 2025.
Le document souligne que, bien que la CRP/FRP ait été officiellement créée le 10 janvier 2025 et se positionne en faveur de l’autonomie régionale, son influence reste limitée. Les experts notent une fragilité interne au sein du mouvement, aggravée par des défections récentes au sein de sa direction.
Une base militaire et communautaire en déclin
En novembre 2025, la CRP/FRP comptait environ 300 combattants. Aujourd’hui, ses effectifs auraient presque triplé, atteignant près de 1 000 membres. Cependant, cette croissance masque une réalité préoccupante : la majorité des recrues proviennent de la communauté Hema, tandis que les tentatives de recrutement auprès des Lendu ou d’autres groupes locaux restent infructueuses.
Les experts de l’ONU indiquent que le mouvement recrute également dans les camps de déplacés internes en Ituri et dans les camps de réfugiés en Ouganda. Certains anciens éléments du groupe Zaïre et d’anciens combattants du M23 auraient rejoint ses rangs, notamment via des réseaux dirigés par Innocent Kaina, visé par des sanctions internationales.
Une idéologie contestée et un leadership contesté
Dans un communiqué de 2025, la CRP/FRP se présente comme un mouvement de changement, dénonçant la mauvaise gouvernance, la corruption et les violations des droits humains en Ituri. Lubanga, libéré en 2020 après une condamnation de la CPI pour crimes de guerre, avait été intégré à la Task force présidentielle de Félix Tshisekedi pour promouvoir la paix dans la région. Pourtant, ses initiatives n’ont pas abouti, et son élection comme député de l’Ituri a été annulée.
Le mouvement accuse les autorités congolaises de complicité dans l’insécurité persistante en Ituri, notamment en manipulant des groupes armés pour maintenir un contrôle politique. Malgré ces accusations, la CRP/FRP peine à rallier d’autres groupes armés ou des communautés locales à sa cause.
Perspectives d’avenir incertaines
Avec une base sociale et militaire restreinte, la CRP/FRP de Thomas Lubanga semble condamnée à l’isolement. Les experts de l’ONU soulignent que son incapacité à s’allier avec d’autres acteurs armés ou à obtenir un soutien communautaire solide limite considérablement son impact sur le terrain.
Alors que l’Ituri reste en proie à des violences récurrentes, la question se pose : ce mouvement pourra-t-il un jour s’imposer comme une force majeure, ou restera-t-il un acteur marginal dans le paysage sécuritaire congolais ?
Vous pourrez aussi être intéressé par
-
Jules Koundé : le Bayern Munich s’intéresse à ce grand joueur de l’équipe de France
-
Côte d’Ivoire : une vision stratégique africaine à la conférence économique 2026
-
Tensions internes et ambitions politiques au sein de l’AFC/M23 en RDC
-
Avec Yam’NA, Eramet Comilog et SETRAG préparent le Gabon industriel de demain
-
Menace terroriste : comment les groupes armés exploitent l’ia pour leurs attaques
