Contrôles routiers au Bénin : des amendes qui redessinent déjà le quotidien et l’économie

Depuis le dimanche 20 septembre 2026, un vent de fermeté souffle sur les routes du Bénin. La Police républicaine a déclenché une vaste offensive contre les infractions au Code de la route, avec des répercussions immédiates et tangibles sur les usagers, les ménages et les acteurs économiques. Entre amendes salées, contrôles renforcés et perturbation des habitudes de déplacement, cette campagne bouscule déjà la vie quotidienne de milliers de citoyens.

Une traque qui pèse sur le portefeuille des usagers

Dès les premières heures, les chiffres donnent la mesure de l’opération. Plus d’une centaine de conducteurs de deux-roues et une dizaine d’automobilistes ont été interpellés et sanctionnés lors des deux journées inaugurales, selon les données relayées sur le terrain. La métropole économique, Cotonou, concentre l’essentiel de la pression : dans la seule zone de Fidjrossè, plus de quarante motocyclistes ont été interceptés en l’espace d’une heure. Sur le boulevard de la Marina, de nombreux automobilistes ont également été appréhendés.

Pour les contrevenants, la facture est immédiate et stricte. L’usage du téléphone au volant ou au guidon est sanctionné d’une amende de 20 000 francs CFA. La surcharge expose à une pénalité de 10 000 francs CFA. La circulation en sens interdit coûte 6 000 francs CFA, tandis que le défaut de port du casque protecteur est verbalisé à hauteur de 5 000 francs CFA. Des montants qui, cumulés, représentent une ponction significative pour de nombreux ménages, en particulier les conducteurs de taxi-moto, dont l’activité dépend directement de la mobilité.

Des répercussions directes sur l’économie informelle

Au-delà des sanctions individuelles, c’est tout un pan de l’économie informelle qui est impacté. Les motocyclistes, piliers du transport urbain au Bénin, voient leur pouvoir d’achat amputé à chaque infraction. La multiplication des contrôles ralentit les déplacements, allonge les temps de trajet et perturbe les chaînes de livraison. Pour les commerçants et les usagers dépendants de ces services, la hausse des coûts et les retards deviennent une préoccupation quotidienne.

Un dispositif qui s’étend à tout le territoire

L’offensive ne se limite pas à Cotonou. Elle couvre l’ensemble des grands pôles urbains du pays. Des détachements policiers sont activement déployés sur les carrefours et les artères des communes d’Abomey-Calavi, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Ouidah, Bohicon et Parakou. Une présence qui modifie les comportements, mais qui pose aussi la question de l’adaptation des usagers à cette nouvelle donne.

Les autorités affichent un objectif clair : éradiquer les comportements à risque, préserver des vies humaines et instaurer une discipline durable sur le réseau routier national. Reste à savoir si la pression financière suffira à changer les habitudes en profondeur, ou si elle accentuera les difficultés économiques des acteurs de la route.