Quelques semaines après la finale de la CAN 2025 au Maroc, le Sénégal a vu son titre de champion d’Afrique lui être retiré. Le Jury d’appel de la CAF a en effet sanctionné l’équipe sénégalaise d’une défaite sur tapis vert (3-0) au profit du Maroc, invoquant une sortie temporaire du terrain. Une décision qui bouleverse le résultat acquis sur le terrain et soulève de nombreuses questions juridiques.
Comment expliquer ce revirement ? Quels sont les fondements de cette sanction ? Et quelles pourraient être les conséquences pour le football africain ? Nous explorons ces enjeux avec des experts en droit du sport.
Les raisons juridiques derrière la disqualification du Sénégal
La décision du Jury d’appel de la CAF s’appuie sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN 2025, qui encadrent les cas de retrait d’équipe. Contrairement à un simple abandon, la CAF a retenu la notion de « retrait » pour justifier sa sanction. Une qualification juridique qui change radicalement l’issue du litige.
En effet, la qualification d’un fait est déterminante en droit. Ici, le choix du jury a transformé une interruption temporaire en une faute disciplinaire grave. Une décision qui rappelle l’importance de bien interpréter les règlements sportifs pour éviter des conséquences imprévues.
Pourquoi la CAF a ignoré la décision de l’arbitre ?
Le Jury d’appel a agi en toute souveraineté, sans se laisser influencer par la reprise du match jusqu’à son terme. Pourtant, l’arbitre avait initialement estimé que la situation ne justifiait pas un arrêt définitif. Selon la loi 5 de l’IFAB, l’arbitre dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour suspendre, reprendre ou arrêter un match. Dans ce cas précis, il a choisi de suspendre temporairement la rencontre avant de la faire reprendre.
Cette décision de l’arbitre, qui s’impose à tous (« erga omnes »), contraste avec le choix du jury. Une contradiction qui interroge sur l’équilibre entre le droit sportif et les réalités du terrain.
Un précédent inédit dans l’histoire de la CAN
Jamais une finale de CAN n’avait été annulée sur tapis vert. Ce cas est donc exceptionnel, même si des matchs interrompus ont déjà marqué l’histoire du football africain. Par exemple, en 2019, la finale de la Ligue des champions africaine entre le Wydad Casablanca et l’Espérance de Tunis avait été annulée en raison du refus de l’équipe marocaine de reprendre le jeu après un litige sur la VAR.
Dans cette affaire, le TAS avait finalement confirmé l’abandon du Wydad, mais la situation du Sénégal en 2025 est différente : l’équipe avait repris le match jusqu’à son terme. Une nuance qui rend cette décision encore plus surprenante.
Les recours possibles pour le Sénégal
Le Sénégal a déjà fait appel de la décision auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS). Une procédure classique en droit du sport, qui pourrait prendre plusieurs mois. La Fédération sénégalaise de football (FSF) a également demandé une suspension de la sanction, lui permettant de conserver son titre en attendant le verdict final.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’interprétation des règlements, le rôle des arbitres et la gouvernance des fédérations sportives. Un vrai cas d’école pour les juristes du sport.
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