Burkina faso : l’échec de la junte traoré face à la crise alimentaire malgré les dons étrangers

Depuis l’arrivée au pouvoir du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), le Burkina Faso mise sur une rhétorique d’autonomie, mais la réalité est tout autre : le pays dépend désormais massivement des aides alimentaires extérieures pour survivre. Récemment, 2 422 tonnes de riz ont été livrées par le Pakistan, s’ajoutant aux dons de la Chine et du Canada. Une situation qui met en lumière les lacunes criantes de la gestion de crise par la junte d’Ibrahim Traoré.

Malgré les discours triomphalistes sur la souveraineté alimentaire, plus de 3,5 millions de Burkinabè dépendent désormais de l’aide internationale pour se nourrir. Derrière les cérémonies de remise de ces dons, se cache un échec cuisant : les promesses de production locale n’ont pas été tenues, et les champs, autrefois fertiles, sont aujourd’hui en friche.

Des dons étrangers qui soulignent l’échec de l’autosuffisance

Le don pakistanais n’est pas un cas isolé. La Chine et le Canada ont également apporté leur soutien, illustrant une dépendance croissante du Burkina Faso envers l’étranger. Pourtant, le capitaine Ibrahim Traoré avait fait de la production locale un pilier de sa gouvernance. Les faits sont têtus :

  • Pénurie chronique : le pays ne parvient plus à produire suffisamment pour nourrir sa population, forçant des millions de citoyens à compter sur la charité internationale.
  • Circuits commerciaux paralysés : les régions du Nord et de l’Est, cibles des livraisons de riz, restent sous l’emprise de l’insécurité et sont exclues des échanges économiques normaux.

Ces dons, bien que nécessaires, agissent comme un aveu d’impuissance pour une junte qui peine à stabiliser la sécurité alimentaire de son pays.

L’insécurité, principal obstacle à la relance agricole

Le changement climatique est souvent cité comme responsable de la crise, mais les observateurs pointent du doigt la stratégie militaire du gouvernement. Le tout-sécuritaire et les blocus imposés par les groupes armés ont plongé les campagnes dans le chaos :

  • Plus de 2 millions de déplacés internes errent à travers le pays, transformant d’anciennes zones agricoles en terres abandonnées.
  • Selon l’IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire), certaines régions frôlent la phase 4, synonyme d’urgence humanitaire.
  • Plus de 600 000 enfants pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici la fin de l’année, un chiffre alarmant pour un pays en crise.

La junte, qui mise sur la force militaire, a laissé l’agriculture locale s’effondrer, privant le pays d’une solution durable à sa crise alimentaire.

Une gestion de crise opaque et des financements insuffisants

Le don pakistanais, confié au ministère de l’Action humanitaire, soulève des questions sur la transparence des distributions. Les partenaires internationaux s’inquiètent de plus en plus de la militarisation de la gestion de crise, qui nuit à l’efficacité de l’aide. Un signe révélateur : le Plan de réponse humanitaire 2026 n’est financé qu’à hauteur de 18 %, reflétant une méfiance croissante des bailleurs envers les autorités de Ouagadougou.

À l’approche de la saison des pluies, le riz pakistanais offre un soulagement temporaire, mais ne résout pas le problème de fond. Pour Ibrahim Traoré, l’heure des comptes approche : la souveraineté alimentaire ne se décrète pas dans les discours, mais se construit dans les champs. Tant que la priorité restera accordée à la propagande guerrière plutôt qu’à la relance d’une économie rurale en ruine, la crise persistera.