Burkina Faso : le plafonnement des frais de scolarité dans le privé suscite des avis mitigés

Au Burkina Faso, le débat fait rage autour d’une possible réglementation des frais de scolarité dans le privé. Pour l’artiste slameur Alain Damiba, cette mesure est indispensable : « Les coûts de scolarité sont tellement élevés que le plafonnement va un tant soit peu soulager nos parents, et les aider à bien scolariser nos petits ».

Cependant, l’effet réel de cette réglementation sur les parents divise. D’un côté, certains plaident pour un renforcement des écoles publiques ; de l’autre, on espère un allègement de la charge financière. « Ça va beaucoup soulager les parents, même si ce n’est qu’une réduction de 10 000 francs. Parce qu’aujourd’hui, la vie est difficile, pratiquement tout a augmenté sur le marché alors que les salaires sont restés inchangés », déplore Giles Sawadogo, père de famille.

Quant au montant idéal, les propositions oscillent entre 50 000 et 100 000 FCFA par enfant et par an, selon le niveau d’enseignement et les services proposés. Certains rêvent même de la gratuité totale des établissements.

L’étudiant en Master I Fiscalité, Bassirou Gnaboné, estime que la gratuité serait idéale, notamment pour l’université, et appelle à davantage d’écoles et d’universités publiques pour équilibrer l’offre et forcer le privé à revoir ses tarifs.

Enfin, des observateurs soulignent que la réglementation seule est insuffisante. L’État doit aussi investir dans le public : construction d’écoles, recrutement d’enseignants, amélioration des infrastructures. Une stratégie de long terme qui pourrait réduire la forte dépendance des familles envers le privé.