Bénin : un modèle africain de transformation numérique au forum du CAFRAD 2026

À Rabat, le Bénin trace la voie de l’administration publique du futur

La ville de Rabat a servi de cadre à un événement d’envergure continentale : le 17ᵉ Forum ministériel panafricain du CAFRAD. Ce rassemblement, organisé en amont de la 61ᵉ session du Conseil d’Administration, a offert au Bénin l’opportunité de mettre en lumière sa vision audacieuse pour une administration publique modernisée. Sous la bannière de la digitalisation et des réformes structurelles, Cotonou se positionne comme un acteur clé du développement économique africain.

Un forum stratégique pour repenser la gouvernance en Afrique

La capitale marocaine, reconnue pour son rôle historique dans la coopération Sud-Sud, a accueilli cette rencontre majeure dédiée à l’innovation administrative. Le CAFRAD, institution intergouvernementale fondée en 1964, reste un acteur incontournable pour repenser les modèles de gouvernance sur le continent. Cette année, le forum a exploré une thématique cruciale : le leadership public comme levier de transformation dans un contexte marqué par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté.

Le ministre béninois Rodrigue Chaou, en charge du Budget et de la Fonction Publique, y a défendu une approche proactive. Pour lui, cette rencontre n’était pas une simple étape diplomatique, mais une véritable occasion de confronter les réformes locales aux meilleures pratiques africaines et internationales, avec un objectif clair : faire de l’administration un moteur de compétitivité économique.

Des modèles de leadership public adaptés aux défis modernes

Les débats ont réuni des ministres, des experts et des hauts fonctionnaires autour de deux interventions phares. La première, menée par le Dr Dieudonné Assouvi, directeur général du CAFRAD, a mis en avant le besoin de passer d’une gestion bureaucratique rigide à un leadership agile. Dans un environnement instable, l’anticipation des crises et la réactivité deviennent des compétences indispensables pour assurer la continuité de l’État.

La seconde intervention, animée par le Professeur Sehl Mellouli de l’Université Laval (Canada), a souligné un enjeu stratégique : la souveraineté numérique. À l’ère de l’intelligence artificielle et des solutions cloud, l’indépendance technologique des États africains n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir la sécurité nationale et renforcer l’attractivité économique.

La digitalisation, un accélérateur de croissance pour le Bénin

« Une administration performante ne se limite pas à un outil politique ; c’est le premier partenaire des entreprises et un facteur clé de création de richesse. » Ces mots résument l’ambition du Bénin, qui mise sur la digitalisation pour transformer son paysage économique. Depuis plusieurs années, le pays a engagé une modernisation accélérée de ses services publics, avec des résultats concrets.

Parmi les avancées les plus marquantes, la dématérialisation des procédures fiscales et douanières se distingue. En simplifiant les démarches et en sécurisant les recettes, le Bénin réduit les coûts pour les entreprises tout en éliminant les lourdeurs bureaucratiques. Autre innovation notable : le guichet unique en ligne pour la création d’entreprises, qui permet d’immatriculer une entité juridique en quelques heures seulement. Cette simplification stimule l’entrepreneuriat local et attire les investisseurs étrangers.

Enfin, la transparence induite par ces plateformes numériques limite les interactions physiques entre agents et usagers, réduisant ainsi les risques de corruption et renforçant la confiance citoyenne.

Une administration centrée sur les citoyens et l’inclusion numérique

Au-delà des gains économiques, la modernisation administrative vise un objectif social : améliorer le quotidien des populations. Lors des discussions à Rabat, l’inclusion numérique a été identifiée comme un pilier essentiel. Le Bénin a pris les devants en combinant digitalisation et décentralisation, garantissant un accès équitable aux services publics, des grandes villes aux zones rurales les plus isolées.

La simplification des démarches pour obtenir des documents officiels — actes d’état civil, casiers judiciaires ou pièces d’identité — favorise l’intégration des citoyens dans l’économie formelle. Cette approche réduit les inégalités territoriales et offre à chacun les mêmes opportunités de développement.

Vers une administration africaine plus résiliente

Avec la clôture du Forum, les délégations se préparent désormais à la 61ᵉ session du Conseil d’Administration du CAFRAD. L’enjeu ? Transformer les orientations stratégiques en actions concrètes. Les États membres devront notamment évaluer les programmes existants, former les futurs cadres administratifs et renforcer la coopération Sud-Sud en matière d’ingénierie publique.

En s’impliquant activement dans ces discussions, le Bénin prouve qu’il ne se contente pas d’adopter des modèles étrangers, mais contribue activement à façonner l’administration du XXIᵉ siècle. Un message fort pour les partenaires internationaux et les investisseurs : à Cotonou, l’État se modernise pour mieux servir et grandir.