Quatre nouvelles centrales solaires pour concrétiser l’indépendance énergétique
Le Bénin franchit une étape décisive dans sa quête d’autonomie énergétique avec le lancement du projet IPP50. Quatre centrales solaires photovoltaïques d’une capacité cumulée de 62 mégawatts-crête (MWc) verront le jour à Natitingou, Djougou, Parakou et Bohicon. Un investissement de 45 millions d’euros, soit 29,5 milliards de francs CFA, qui vise à réduire les importations d’électricité et à soutenir le développement économique du pays.
Un financement international pour accélérer la transition énergétique
Ce projet, signé le 29 octobre 2026 à Cotonou, mobilise 30 millions d’euros via un partenariat entre l’IFC, Proparco, AXIAN Energy et la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC-Bénin). Ces acteurs financiers, nationaux et internationaux, renforcent la crédibilité du programme et ouvrent la voie à une production renouvelable accrue.
Les acteurs clés du projet
- IFC (Société financière internationale) : apport de fonds via le Fonds pour les technologies propres, dédiés aux énergies durables.
- Proparco : filiale de l’Agence française de développement, spécialisée dans le financement du secteur privé.
- AXIAN Energy : acteur privé national impliqué dans la production d’électricité.
- CDC-Bénin : institution publique mobilisant des ressources locales pour le développement énergétique.
Des infrastructures stratégiquement réparties sur le territoire
Les quatre centrales seront implantées dans des villes clés du Bénin :
- Natitingou : renforcement de l’approvisionnement dans le Nord-Ouest.
- Djougou : soutien aux activités artisanales et commerciales.
- Parakou : alimentation renforcée des zones industrielles.
- Bohicon : couverture accrue du centre du pays.
Leur mise en service est prévue pour le premier trimestre 2028, avec une production annuelle estimée à 110 gigawattheures (GWh) d’électricité renouvelable. Une avancée qui pourrait augmenter la production nationale de 17 % d’ici 2035.
Réduction des importations et maîtrise des coûts énergétiques
Le Bénin, dépendant historiquement des échanges énergétiques avec ses voisins, cherche à sécuriser son approvisionnement. Les nouvelles centrales permettront de réduire progressivement les importations, limitant ainsi les risques liés aux fluctuations des marchés régionaux. Une production locale accrue stabilisera également les coûts pour les ménages et les entreprises, améliorant la compétitivité économique.
Un modèle innovant : l’électricité issue de concessions privées
Le projet IPP50 s’appuie sur un modèle de Producteur indépendant d’électricité (IPP), où les centrales seront exploitées en concession par des acteurs privés avant d’injecter leur production dans le réseau national. Les contrats d’achat d’énergie avec la Société béninoise de production d’électricité (SBPE) garantiront un accès stable aux consommateurs.
Ce mécanisme favorise l’investissement privé tout en maintenant un contrôle public sur l’intégration des infrastructures au réseau national.
Des retombées économiques et sociales majeures
Les 110 GWh produits annuellement bénéficieront directement à environ 383 000 personnes. Pour les populations, cela signifie :
- Une meilleure accessibilité à l’électricité, particulièrement dans les zones rurales et périurbaines.
- Une amélioration des conditions de conservation des produits alimentaires, limitant les pertes post-récolte.
- Un soutien accru aux activités artisanales et aux petites entreprises locales.
Pour les industriels, l’électricité renouvelable locale représente un atout stratégique :
- Une réduction des coûts de production grâce à une énergie plus stable et compétitive.
- Un environnement propice à l’innovation et à la création d’emplois dans les secteurs de transformation.
- Une valorisation des matières premières locales, favorisant l’économie circulaire.
Un impact environnemental mesurable
Le projet IPP50 contribue activement à la réduction des émissions de CO₂. Sa production annuelle de 110 GWh d’électricité solaire évitera l’émission de près de 62 000 tonnes de dioxyde de carbone chaque année. Une avancée alignée sur les objectifs du Pacte national de l’énergie, qui vise à porter à 30 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique béninois d’ici 2030.
Des défis à relever pour une transition réussie
Si la mise en service est prévue pour 2028, plusieurs étapes critiques devront être franchies :
- La finalisation des travaux et le respect du calendrier.
- Le raccordement des centrales au réseau national pour assurer une distribution fluide.
- La formation des équipes locales pour une exploitation durable des infrastructures.
- Le renforcement des réseaux de transport et de distribution pour absorber la nouvelle production.
Le succès du projet dépendra également de la capacité du Bénin à capitaliser sur cette avancée pour poursuivre sa transition énergétique, en combinant énergie solaire, hydroélectricité et thermiques, tout en améliorant l’efficacité du réseau.
Vers une souveraineté énergétique renforcée
Avec IPP50, le Bénin confirme sa volonté de réduire sa dépendance aux importations et de bâtir un système énergétique résilient. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale, incluant :
- Le développement de la centrale solaire d’Illoulofin (50 MW) à Pobè.
- L’expansion des capacités thermiques à Maria-Gléta pour diversifier le mix énergétique.
- L’amélioration des infrastructures de transport et de distribution pour une meilleure accessibilité.
L’objectif à long terme reste ambitieux : porter le taux d’électrification à 70 % d’ici 2030 et offrir une électricité fiable, compétitive et durable à l’ensemble des Béninois. Une condition sine qua non pour soutenir l’industrialisation, créer des emplois et transformer durablement l’économie du pays.
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